Le bal des hypocrites

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Le jeu de la vérité ou du mensonge existe depuis bien longtemps dans les jeux de société.

Un candidat énonce un événement qu’il aurait vécu et les autres joueurs doivent déterminer si c’est la vérité ou un mensonge.

Ce jeu de société n’est en réalité qu’une pâle réplique de la réalité que nous vivons quasiment au quotidien.

Actuellement, tout le monde s’insurge de la trahison de Jérôme Cahuzac et lui tire dessus à boulets rouges, alors qu’il a les genoux à terre. Quel courage ! Quelle hypocrisie de tous ceux qui aboient et mordent en étant très loin d’être eux-mêmes exemplaires.

Disons-le. Le mensonge est largement préféré à la vérité.

Tout simplement parce que la vérité oblige celui qui l’entend à prendre une décision, à se responsabiliser.

En réalité elle nous dérange alors que le mensonge nous arrange.

Depuis notre enfance nous avons été conditionnés à mentir. Combien de fois les parents sanctionnent les enfants qui portent une vérité dérangeante.

Dis-moi ce que je veux entendre.

Le mensonge devient un compromis relationnel sur lequel les parties prenantes pactisent.

Combien de fois des jeunes filles subissant des sévices sexuels de la part de leur entourage n’ont pas été crues ou entendues et nombreuses sont celles qui ont préféré le silence ou déni de leur proche.

Dans une actualité plus proche, Il suffit de prendre l’exemple de l’élection présidentielle pour se rendre compte que les électeurs préfèrent un présidentiable qui les rassure en leur disant que la prairie sera plus belle et verte avec lui, plutôt qu’un autre annonçant avec sincérité que le chemin à venir sera pavé d’embûches. Dans ce cas, l’électeur choisit celui qui le remet le moins en question tout en sachant que c’est un leurre. Ensuite, il pourra avec aisance le traiter de menteur.

Soyons clair, nos capacités à construire ensemble, à pardonner et à assumer nos responsabilités ne sont pas suffisamment affirmées pour entendre la vérité.

Alors arrêtons de jouer les hypocrites.

Assumons nos mensonges, nos faux semblants et balayons devant notre porte avant de tirer lâchement sur l’ambulance.

Heureusement, il nous reste l’isoloir du prêtre pour avouer nos pêchers sans être jugés tout en obtenant le pardon. Sans doute que notre culture judéo-chrétienne porte en elle les ferments du mensonge en créant l’absolution de tous nos actes répréhensibles mais pas forcément avouables.
Francis Karolewicz

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