Victime ou bourreau, suicide au travail

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En cas de suicide en entreprise, comment repérer et prévenir un tel dénouement?

Le décès d’un proche, familial ou professionnel, génère un sentiment de tristesse et parfois de colère. Dans le cas d’un suicide, d’autres sentiments apparaissent comme la culpabilité de ne pas avoir entendu et écouté la détresse du collègue, de l’ami, du parent…

La violence psychologique d’une telle mort nous pousse à chercher des raisons, voire des coupables. Dans le cas de France Télécom, il est tout désigné. L’entreprise a poussé l’un de ses collaborateurs au bord du précipice. Elle est coupable de non assistance à personne fragile. L’affaire est entendue, les coupables sont désignés et chacun peut reprendre ses occupations sans se remettre en question. En réalité, la chaîne de responsabilité touche tout le monde: Famille, collaborateur, collègues, managers et le suicidé lui-même.

Mais qui pouvait prévoir un tel dénouement?

Nombreux sont ceux qui se plaignent de leur entreprise, de la pression qu’ils subissent, des réorganisations brutales.
Face à cette pression accrue, chacun réagit comme il peut avec ses propres outils.

  • Il y a ceux qui démissionnent,
  • Ceux qui jouent le jeu de la pression,
  • Ceux qui se soumettent au système
  • Et ceux qui n’ont plus la force psychologique de faire face.

Ces derniers tombent malades dont certains sont en arrêt longue maladie pour dépression. Celle-ci est l’antichambre du suicide. La plupart s’arrête là.

Il est très difficile de prévoir comment une personne réagit face au désespoir.

En plus de comptabiliser les suicides médiatiques, l’état et les grandes entreprises devraient prendre davantage en compte l’augmentation des arrêts longues maladies, notre première place européenne dans la consommation d’anxiolytique et le mal être français qui ressort à chaque sondage pour prendre conscience que l’on ne peut pas construire une nation et une économie florissante sur l’épuisement et le désespoir humain.

Le fait de montrer du doigt des coupables potentiels nous met nous-mêmes dans l’impuissance et dans l’attente d’un changement salvateur provenant de l’extérieur. En réalité, nous sommes les acteurs du système que nous critiquons et nous sommes les seuls à pouvoir le faire évoluer à travers nos actes.

Le changement passe par soi.
Les leviers se situent à différents niveaux : La recherche de sens, le courage, la reconnaissance…

Il devient de plus en plus difficile de vivre ses valeurs dans un monde qui nous pousse à la schizophrénie, à intégrer un moule relationnel déshumanisé où seul compte la défense de son emploi, de sa carrière au dépend de sa santé, de son intégrité personnelle. Pour y parvenir nous nous rendons même plus compte que nous véhiculons nous-mêmes le virus qui nous empoisonne. Le respect de l’autre et de sa parole, la confiance, la reconnaissance, l’honnêteté, la protection, l’indignation, le refus, le courage, autant de comportements qui s’évanouissent au fil du temps et par la pression psychologique vécue au quotidien. Nous devenons, faute de courage et par manque de sens, victime et bourreau.

Francis Karolewicz

Formation: Identifier et réduire les risques psychosociaux

DRHD - Développement des ressources Humaines Durables  Tél: 01 53 00 99 50   www.drhd.fr

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